Document Politicien

De Stonewall à la province italienne

Coming out of the closet,sortir de l’armoire, est l’expression par laquelle la communauté LGBT+ (gay, lesbienne, bisexuelle, transsexuelle et transgenre, intersexuelle, asexuelle, queer…) a identifié sa politique de visibilité : se déclarer est devenu un geste politique d’émancipation et de libération. Le Pride a été l’instrument pivot de protestation et de lutte, un coming-out collectif qui a permis aux individus de ne pas se sentir seuls, d’exprimer librement leur identité et leurs amours, de revendiquer des droits, de se rebeller contre une société oppressive et délivrant l’homologation.

Il y a cinquante ans, un groupe de gays, lesbiennes et transsexuels sont sortis de leurs placards pour prendre les rues de New York contre les raids de la police, donnant naissance au premier mouvement de libération sexuelle et de protestation, que l’histoire se souvient comme les mouvements de Stonewall. Il y a vingt-cinq ans, à Rome fut le tour du premier GayPride en Italie, dans la capitale il y eut, en l’année du jubilé, la première pride du monde; En 1996, ce fut le tour de la première parade parthénopéenne (à laquelle se succède Jesce Soleil Ż), retournée à Naples en 2010 (à la lumière du soleil Tua); à partir de 2013, le mouvement lgbt+ a décidé de multiplier les manifestations avec l’Onda Pride, partie de Naples : un réseau de parades qui ont coloré les rues de plusieurs centres urbains, des périphéries, comme à Bagnoli en 2016 et de la province italienne, en créant des connexions avec d’autres minorités et catégories discriminées, dans une optique d’intersectionnalité; l’année dernière a été le tour de Pompéi, qui, avec l’hymne ”Notre-Dame de Pompéi aime aussi les gays”, à Pompéi a atteint un territoire qui nous entoure, grâce à la consolidation de l’association Pride – Vesuvio Rainbow.

Dans le sillage de ce parcours et avec la naissance du collectif Buonvento parmi les côtes, cette année nous portons pour la première fois les couleurs de l’arc-en-ciel à Sorrente : un territoire qui rassemble autour de sa beauté des personnes du monde entier et est devenu au fil du temps l’une des capitales du tourisme international.
Cependant, des tabous culturels sont encore enracinés dans le territoire de Sorrente, notamment en ce qui concerne la sexualité et la diversité en général, qui limitent la liberté non seulement des personnes LGBT+ : le centre de nos préoccupations est donc la lutte contre toutes les formes d’oppression et de discrimination, la misogynie et la sexuophobie qui imprègne encore une partie importante du tissu social, et qui produit des discriminations; la haine, la violence et l’exclusion sociale.

Nos pièces et armoires à ouvrir

Nos principales exigences sont les suivantes :

  1. Adoption de la loi régionale contre l’homophobie;
  2. Adhésion au réseau READY de toutes les communes de la péninsule de Sorrente;
  3. Reconnaissance de l’homoparentalité et interventions dans les écoles contre le harcèlement homophobe;
  4. Politiques visant à faciliter l’accès au monde du travail des personnes LGBT, en particulier des personnes transgenres;
  5. Développement d’un tourisme durable et ouvert aux différences dans la péninsule de Sorrente, en particulier par rapport aux personnes LGBT+.

Nous avons choisi en particulier six thèmes clés (six armoires fermées à ouvrir comme les couleurs de notre arc-en-ciel) sur lesquels concentrer notre communication sociale et politique, parce qu’ils nous ont paru particulièrement actuels et/ou proches des spécificités de notre contexte.

Pour toutes les autres revendications non incluses dans cette liste, nous renvoyons au document politique de Pompéi Pride 2018, avec lequel nous nous posons en continuité et que vous pouvez consulter le lien suivant
www.pompeipride.org/piattaformapolitica

1) Les personnes migrantes :
La première porte à ouvrir concerne ceux qui migrent, c’est-à-dire ceux qui arrivent sur le sol italien pour trouver leur dimension et ceux qui le quittent pour chercher des opportunités ailleurs.
Les migrants, les réfugiés, les demandeurs d’asile sont aujourd’hui considérés comme le bouc émissaire de tout malaise social et économique de notre pays, et sont devenus la cible du récit propagandiste de la Ligue du Nord et de nombreux autres partis politiques.
Loin de sous-estimer la question de la gestion des flux migratoires, en tant que communautés LGBT+, nous ne pouvons fermer les yeux devant toutes les personnes qui perdent la vie dans nos mers ou qui débarquent dans notre pays subissent des violences, discrimination et haine raciste. De nombreuses personnes LGBT+ ont quitté la péninsule sorrentine pour pouvoir être elles-mêmes si elles sont elles-mêmes*, et c’est aussi pour cela que nous ressentons la responsabilité d’être proches de ceux qui mettent leur vie en danger pour avoir une chance de trouver le bonheur.

2) Identité et les rôles de genre :
Une autre porte fermée concerne les identités masculine et féminine; sur notre territoire subsiste une culture à bien des égards patriarcale et machiste, qui voit encore l’homme dans les positions de pouvoir et la femme dans une position subalterne. Malgré les progrès sociaux et culturels, il y a encore de lourdes attentes sociales et stéréotypes de genre qui conditionnent la formation de l’identité de tous* nous : Une femme est toujours considérée comme la propriété d’un père ou d’un mari, qui a pour mission sociale de la protéger et de la diriger. Un homme est reconnu comme tel s’il parvient à être sûr de lui, à prendre ce qu’il désire, à pourvoir financièrement à une famille, à ne pas manifester sa vulnérabilité.
Les épisodes de harcèlement et de violences sexuelles que nous lisons dans les journaux locaux devraient nous faire comprendre combien il est urgent et impératif de ne pas baisser la ceinture sur ce thème. Comme l’absence de maires femmes ou de LGBT+ dans la péninsule sorrentine nous fait comprendre combien les murs de genre sont encore persistants sur notre territoire.
Dans cette vision hiérarchique et socialement normative de l’identité et des rôles de genre ne sont évidemment pas inclus les personnes transgenres, transsexuelles, intersexuées, queer ou non binaire; c’est pourquoi nous nous engageons à donner une visibilité maximale même à des identités plus fluides.

3)Les personnes avec déshabilité et la sexualité:
Un autre thème sur lequel ouvrir les yeux concerne les personnes ayant des besoins spéciaux et la façon dont elles vivent leur sexualité et leur affectivité.
L’idée persiste que les personnes handicapées sont une sorte de figure angélique, des enfants éternels à garder sous une cloche de verre, que la sexualité est une question d’adultes, par €normodotati. Les gestes d’affection, les expressions et les besoins corporels sont le plus souvent redoutés, non reconnus ou même réprimés.
Nous voulons faire comprendre que les personnes souffrant d’un handicap intellectuel, sensoriel ou physique moteur sont des hommes et des femmes avec des émotions, des sentiments et des désirs tout à fait légitimes, que nous devons accueillir et reconnaître sans préjugés ni moralisme.
Les associations qui s’occupent de personnes handicapées depuis de nombreuses années mettent ce thème sous les feux de la rampe; en particulier, la frontière la plus importante de ces dernières années est l’institutionnalisation de la figure de l’aidant sexuel, un professionnel (homme ou femme) qui puisse soutenir ceux qui, par leur handicap, ne peuvent éprouver pleinement l’érotisme et la sexualité.

4) Les stéréotypes sur le troisième âge:
Une autre armoire à ouvrir concerne les personnes âgées : en plus d’être exposées à des dynamiques d’exclusion et d’isolement social, elles sont représentées comme des personnes arrivées à leur terme, inactives et sans sexualité.
Dans l’opinion commune, la vie de la personne âgée devrait être tranquille et retirée, tout intérêt pour le sexe est considéré comme anormal et déviant; c’est pourquoi beaucoup de personnes âgées, après la mort du partenaire ou une séparation, ont tendance à ne pas trouver d’autres partenaires, surtout en raison de l’hostilité de leurs enfants et de leurs proches. Nous pensons que cette vision stéréotypée du troisième âge doit être surmontée, car elle affecte la vie et le bien-être de nombreuses personnes.

5) La question bisexuelle:
Si l’homosexualité a été grossièrement dédouanée, il y a une catégorie qui se trouve dans une situation de quasi-totale invisibilité sociale.
Les personnes bisexuelles (et pan-sexuelles) sont souvent victimes d’une double discrimination de la part des hétéros et homosexuels, ce qui implique que de nombreuses personnes bisexuelles cachent leur orientation, pour se sentir pleinement incluses et accueillies dans les communautés de référence. La double phobie est une forme de discrimination distincte et différenciée de l’homophobie, car elle n’est pas basée sur l’acte sexuel mais sur les stéréotypes autour de la personne (promiscuité, infidélité, dissimulation d’une soi-disant homosexualité ).


6) Durabilité et tourisme des différences:
Nous voulons promouvoir un concept de durabilité environnementale, sociale et économique. En particulier sur notre territoire (caractérisé par des urgences naturalistes reconnues au niveau mondial), il est impossible de préserver des habitats naturels et des paysages traditionnels sans réaliser également une durabilité sociale et économique. Les activités humaines peu durables et le développement local peu respectueux de l’environnement constituent une menace sérieuse pour la conservation de nos beautés naturelles et pour le soutien des agroécosystèmes traditionnels sous-jacents à la production œnologique et gastronomique.
Nous soutiendrons, par nos initiatives, des politiques de développement local durables à tous les niveaux afin d’assurer la conservation des paysages, le progrès économique et l’équité sociale à long terme.

Avec cette Pride nous allons essayer de stimuler un tourisme durable, accessible à tous et attentif aux différences : nous voulons intercepter les touristes LGBT+, avec handicap, les personnes âgées ou les porteurs de toute forme de différence et de leur montrer que notre territoire est accueillant et inclusive.

Magnate ‘o limone 

 (mangez le citron)


Nous voulons ouvrir grand toutes ces armoires encore fermées par le fanatisme et par l’égoïsme, ouvrir une réflexion sur une sexualité libre et autodéterminée, apporter une bouffée d’air frais qui ôte de nos maisons la puanteur de l’homobitransfobia, du sexisme et du machisme, de la xénophobie et des nouveaux fascismes, et de toute forme de violence et d’oppression envers toute diversité. Nous considérons comme essentiel pour notre territoire une action culturelle et sociale qui conduise au dépassement de tous les binaires qui sont normatifs et taxonomiques par rapport à la complexité de l’expérience et des flux identitaires de chaque *; la violence naît précisément de la méconnaissance de la complexité, de la tentative de normaliser tout phénomène qui semble anormal, de la mise en place d’une frontière entre ce qui est commun et ce qui est perçu comme anormal.
Notre objectif est donc de créer une ouverture, de montrer à quel point les différences ne représentent pas une menace, mais une opportunité, une richesse, non pas une frontière, mais une frontière à franchir.
Jusqu’à présent, nous avons subi l’oppression d’une société qui nous marginalisait, nous nous sommes adaptés en restant silencieux et en renonçant à exprimer nos identités et à vivre librement nos amours.
Les temps ont changé, et nous ne sommes plus disposés à nous cacher et à réprimer ce que nous sommes. C’est pourquoi nous descendrons le 14 septembre dans la rue au soleil et avec le sourire sur nos lèvres, et nous dirons à voix haute et à tête haute à quiconque s’obstine à nous discriminer : MAGNATE ‘O LIMONE!.

Sostieni Sorrento Pride

Questo sito utilizza cookies per assicurarti la migliore esperienza possibile di navigazione.